Ma volonté, mes choix, mes sentiments. {Hors-série} - Partie 2.
"Danaël ?
-Oui ?
-Vous voulez bien être mon prince, et mon futur roi ?''.
''Oh que oui je le désire... Et vous princesse ? Acceptez-vous d'être ma reine ?
-J'en serais honorée, et très heureuse...''.
PDV Jadina
En vérité, j'étais plus qu'heureuse.
Danaël, le prince de Larbos, avait accepté ma demande. Il m'avait sauvée, mais avant tout aidée.
J'étais comblée tous les jours, chérie tous les jours, et même les disputes avec ma mère ne me souciait plus.
Danaël était un ange, mon ange.
Adeyrid ne voyait pas d'un très bon œil notre mariage, mais je m'en fichais. J'avais enfin trouvé mon bonheur !
Notre mariage s'était déroulé de la meilleure des façons, et j'en garde un merveilleux souvenir ! Pour notre voyage de noces, c'est Danaël qui a choisi la destination ! Il y tenait, et je n'ai pas rechigné. Je lui faisais confiance. Et au final, je n'ai pas été déçue ! Une destination de rêve !
Mais toute décision a un prix. Étant marié à moi, Danaël a choisi d'alterner entre Orchidia et Larbos. Il passe une semaine avec moi, puis une semaine à Larbos. Il m'appelle tous les soirs. Quel gentleman pas vrai ?
Mais une fois, je m'étais disputée avec ma mère, et il n'était pas là. Je me sentais tellement mal, que je l'avais appelé en pleurs. Ma mère m'avait dénigré d'une façon inimaginable, et insultée de tous les noms. Il avait tenté de me rassurer, mais rien n'y faisait. J'en avais tellement marre, que j'avais des pensées suicidaires. Cela se sentait dans sa voix qu'il paniquait. Il ne voulait pas me perdre. Je lui avais raccroché au nez, en lui disant comme derniers mots :
''Laisse-moi. Oublie-moi. Sois heureux. Je t'aime.''.
Il m'ordonnait de ne pas raccrocher, mais j'étais si mal...
Je comptais passer à l'acte, quand quelqu'un a défoncé la porte de ma chambre.
J'étais en robe de nuit, décoiffée, le visage triste.
Danaël était là. Il était venu.
Il m'avait prise dans ses bras, en pleurant aussi.
J'avais lâché toutes les larmes de mon corps, plus encore que quand je m'étais retrouvée à choisir un prince le jour de mes 18 ans.
Nous sommes restés enlacés pendant des minutes qui me sont parues des heures. Je sentais son cœur battre, me dire indirectement à quel point il avait eu peur. Il me faisait deviner la vitesse à laquelle son culbutar a dû galoper pour intervenir à temps. Je m'en voulais de lui faire de la peine. Mais à cet instant, seul mon mal-être comptait. Ce qu'on peut être égoïste quand on souffre...
Il me caressait les cheveux, embrassait une à une mes larmes, me remémorait des bons moments passés ensemble, à rire, danser, parler... Des souvenirs merveilleux bercés par la culpabilité. Je sentais ses bras tremblants habituellement puissants. Lui et moi nous étions rencontrés de la plus étrange des manières : je picolais, malheureuse, et lui a essuyé mon vomi avant de faire croire à ma mère qu'il couchait avec moi. Nous n'avons pas eu besoin de jouer les acteurs par la suite. Tout se savourait. Or là, je n'étais pas du tout dans le mood. Je voulais me tuer.
''Je suis désolé ma chérie, mais je ne peux pas te laisser partir seule... Je t'ai fait la promesse de rester avec toi jusqu'à ma mort. Si tu meurs, je meurs aussi.''.
Je déversais toutes les larmes de mon corps sur lui. Son haut à manches longues noir était trempé, mais je suis sûre que c'était le cadet de ses soucis. Il détestait ma mère.
''...je veux partir...
-Non. On va trouver une solution pour qu'on soit ensemble. Tout le temps. Nous sommes mariés, nous sommes en droit de vivre ensemble.
-...oui. Je veux rester avec toi. Sans toi...je vais mal...j'ai un traumatisme de la solitude...
-Je suis là, je serai toujours là. Je suis celui sur cette Terre qui ne t'abandonnera jamais.
-...aide-moi je t'en supplie...''.
Je suis repartie en larmes. Mais il est resté silencieux. Me répétant des ''je t'aime'' sans arrêt, je finis par me calmer. Mais il se faisait tard. Je finis par m'endormir dans ses bras, couchée dans mon lit, prenant sa chaleur pour la faire mienne.
Le lendemain matin, je me suis réveillée à 8H00. Je n'avais presque pas dormi de la nuit, mais la vue de Danaël, dormant paisiblement à mes côtés, ronflant presque, me donna envie de me rendormir. Et c'est ce que fis. Au final, je me suis re-réveillée à 10H30 ! Les rideaux étaient tirés, le soleil éclairait ma peau, et une tête blonde entrait à ce moment précis. Danaël avait le sourire, et un plateau rempli de croissants, pains au chocolat, et jus d'orange. Je m'étais mise à exploser de rire, comme si une bouffée de rire avait besoin de sortir. Il rigolait avec moi, puis me demandait comment je me sentais ce matin. Je me sentais mieux, et essayait de le convaincre de repartir à Larbos. Je m'étais bien évidemment excusée pour la frayeur que je lui ai causée. Toujours avec le sourire, il ne démordait pas. Il resterait. Qu'importe ce que cela lui coûterait.
J'ai accepté, avec un immense soulagement.
~Deux semaines plus tard~
PDV Danaël
Il y a deux semaines, j'étais rentré à Larbos le cœur lourd. J'avais peur à chaque minute qui passait pour ma femme. Celle que j'avais trouvée bourrée et presque inconsciente. Je l'appelais tous les matins, tous les midis, tous les soirs, à chaque instant où je pouvais. Elle était quelques fois fatiguée, quelques fois effrayée, quelques fois juste de bonne humeur. Je savourais chaque appel où j'entendais sa voix. Le temps loin d'elle paraissait une éternité. Je savais qu'en acceptant sa demande, je serai obligé de faire des concessions. Et je hais ce mot depuis que je la connais. Si ça ne tiendrait qu'à moi, j'aurais tout renié pour être entièrement dévoué à elle, et lui offrir la présence dont elle a besoin. Mais apparemment, j'ai beau être bientôt à la tête d'un royaume, je ne décide toujours pas. On me demande de choisir entre mon mariage et mon travail. Mes parents mourants risqueraient d'être déçus, mais je choisis mon mariage. Mon avenir, il se fonde avec Jadina. Pas avec mon statut de prince et dans quelques temps roi.
Aujourd'hui, je suis rendu à subir. Et cette manie de continuer ma vie ainsi me rend fainéant, non productif. Et cela c'est fait remarquer aux yeux du chef des ministres de Larbos.
Il m'a parlé, a essayé de me comprendre, mais j'ai refusé d'expliquer dans les détails. Ma productivité serait à son pic si jamais Jadina était là. Je ne serais pas H24 inquiété et préoccupé par elle. Est-ce qu'elle va bien ? Que fait-elle ? A-t-elle réussi à manger ? A-t-elle bien dormi ? Tout cela pourrait changer, si la mère de Jadina, Adeyrid, acceptait que sa fille quitte le palais royal d'Orchidia. Mais elle refuse catégoriquement. Pourquoi ? Bonne question. Et c'est cela aussi qui met Jadina mal à l'aise. Or je lui ai promis de me battre jusqu'au bout pour elle. Alors Adeyrid n'a pas fini d'entendre parler de moi !
Aujourd'hui, je suis actuellement en pause de dix minutes, entre deux entretiens. Je dois recruter deux agents, et les dossiers sont assez exemplaires. C'est dur de choisir. Je profitais du soleil sur les marches de l'entrée du palais, quand je sentis quelque chose de frais toucher mon poignet. Il s'agit du bracelet que Jadina m'a offert. Un bracelet avec un fil en corde noire élégant, qui relie une plaque en argent où il est inscrit . Je garde ce bracelet jour et nuit, et il m'arrache toujours un sourire lorsque je le regarde. Tout à coup, je reçois un appel, je décroche, et j'entends une voix qui me calmerait dans n'importe quelle situation.
''Comment tu vas mon poussin ?''.
Je rigole quant à ce surnom, puis réponds avec le même enthousiasme.
''Ça va et toi ?
-Oui très bien.
-Ah ça fait plaisir !
-Tu fais quoi de beau pour pouvoir me répondre à cette heure ?
-Je suis en pause. Je suis en mode ''recrutement'' ce matin.
-Ahah d'accord ! Et tu y arrives sans difficultés ?
-Non. Les dossiers sont excellents ! Après tout, pour postuler au palais, il faut pas être un cancre non plus tu vois !
-Oui je comprends. Mais tu vas y arriver, tu es intelligent !
-Merci ma belle. Et toi alors ? Que fais-tu ?
-Rien. Je m'ennuie.''.
Son ton est si froid que j'en racle ma gorge.
''Essaie, de faire quelque chose !, lui proposé-je.
-Penses-tu... Je n'ai rien à faire ici. Je veux être avec toi.''.
J'essaie d'y mettre tout mon cœur, dans cette histoire. Mais Jadina a conservé une sorte de côté capricieux, qui ne m'aide pas.
''Je fais ce que je peux Jadina., lui rappelé-je en employant le même ton qu'elle.
-Ce n'est pas contre toi chéri ! Je, je sais que tu fais ton possible ! J'ai décidé que ma mère n'aurait pas son mot à dire. Je vais venir résider au palais de Larbos, qu'elle le veuille ou non.
-Eh mais moi je ne suis pas contre ! Mais il faut quand même rentrer dans la procédure, et la loi !
-Au diable la procédure !''.
Je l'enverrai bien se faire maudire, moi aussi. Mais, ça ne fait pas comme ça. Jadina a toujours eu ce petit côté pressée. Elle n'a pas trop de patience, moi non plus d'ailleurs. Là, il fallait agir. Elle avait raison.
~
PDV Jadina
Le palais de Larbos est magnifique ! Je n'y étais jamais allée ! Les lustres, les salles, la bibliothèque mais surtout... les jacuzzis ! Il y en a plein ! Ce bonus vient s'ajouter à ma victoire contre ma mère : je peux enfin habiter à Larbos !!! Tellement je suis heureuse, je sautille dans les couloirs ! Tous les servants, cuisiniers et femmes de ménage me saluent, et je suis assez étonnée de voir autant de courtoisie !
Danaël n'était pas là pour mon arrivée, il était en déplacement à l'heure où j'arrivais. Mais il ne devrait pas tarder : il a promis de me faire la visite des lieux. Dommage pour lui, je n'ai pas pu l'attendre ! Oh ce n'est pas grave... Je ferai semblant de ne pas connaître !
Tout à coup, un conseiller vient me voir, et m'annonce :
''Le prince vous cherche ! Il est en bas.
-Oh, merci !''.
Je cours dans les escaliers, manquant de tomber. J'arrive en un rien de temps en bas, et le vois debout, en train de parler à un ministre.
''DANIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII''.
Il se retourne, en sursautant, mais à peine eût-il le temps de sourire que je sautais dans ses bras. Je l'entendis s'excuser en riant auprès du ministre. Je le parsemais de bisous, à son plus grand plaisir visiblement.
''Je suis trop trop trop trop trop contente !!!!!!!!!!!, crié-je à son oreille.
-Ahah moi aussi ! Enfin ! On va bien s'amuser !''.
Je le lâchais, mais d'une certaine manière, je restais accrochée à lui. Je lui agrippe la main, et passe son bras derrière ma nuque.
''Tu es de bonne humeur on dirait !, rigole-t-il.
-Et comment ! J'explose de bonheur ! Je suis tellement heureuse d'être enfin avec toi !
-Ahah moi aussi ma chérie !
-Tu as beaucoup de rendez-vous ?
-La matinée est assez chargée. Mais ne t'inquiètes pas, cette après-midi, elle nous appartient !''.
PDV Danaël
Je vois des étoiles dans ses yeux, ce qui me fait chaud au cœur.
''On mangera ensemble quand même ?
-Euh, je ne sais pas... Peut-être que-
-S'IL TE PLAÎT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!, me supplie-t-elle.
-Je, je vais essayer de m'arranger, mais je pense que ce sera bon !''.
Elle crie de joie et saute dans mes bras en m'aggripant.
Elle finit par me lâcher - après deux minutes à étouffer -, et repart faire son petit tour du château. La voir enthousiaste comme ça me donne la baume au cœur. Mon petit ange est enfin heureux !
J'hésitais à aborder le sujet sensible pour elle : un enfant.
Jadina m'avait confessé lors de notre première rencontre qu'elle aurait du mal à avoir des enfants. '' Il faut compter sur la chance''. Certes, mais bien que je ne sois pas un attaché des coutumes royales, il nous faudrait un descendant. Ou même je crois que le simple fait d'avoir un enfant avec Jadina me comblerait. Je deviendrais papa, et je serais lié à Jadina pour le reste de vie. Ce n'est pas négligeable !
Je sais que Jadina avait un rendez-vous avec le professeur Vangelis pour parler justement de ça, mais, je n'ai eu aucun retour de sa part. Et je n'ose pas aborder le sujet.
~
PDV Jadina
Danaël et moi avons mangé dans un restaurant chic, et avions trinqué à nos retrouvailles. Nous avons discuté de tout et de rien. C'était agréable.
J'ai sympathisé avec Liana, une servante très cool. Mon mari avait une dernière réunion à 15H00, et après, il était tout à moi !
Je décidais de vider ma valise, dans la chambre de que je partage (enfin) avec Danaël, quand tout à coup, je ressentis un énorme pincement au ventre. Je me pliais en deux, reprenant mon souffle sur le lit. Une barre dure comme du fer surplombait mon ventre, et je ne savais pas comment l'arrêter. Je gémissais de douleur. Petit à petit, la douleur s'estompe. Mais alors que je me crois soulagée, une envie de vomir me prends soudain. Malgré ma barre au ventre, je me forçais à aller vomir aux toilettes, heureusement qu'elles n'étaient pas loin. Je vomis donc, mais j'étais curieuse de savoir ce qui m'arrivait.
Je descends donc à l'infirmerie. Oui, il y a une grande salle avec des médicaments, prescrits et restreints par des pharmaciennes. Je m'y rends, me tenant le ventre. Pourvu que Danaël ne me voit pas dans cet état...
Je m'adosse sur le comptoir, et deux femmes m'entourent.
''Ma reine, tout va bien ???
-Que, comment ça ''ma reine'' ?, l'interroge-je.
-Le prince Danaël a ordonné que l'on vous surnomme ainsi.
-Ah...
-Qu'avez-vous ???
-Je ne sais pas... J'ai eu une énorme douleur au ventre, et j'ai vomi.''.
Les deux infirmières me regardent, et je comprends moi-même ce que je viens de dire. Vomissement, douleur... Ça ne peut signifier qu'une chose !
~
PDV Danaël
Je me rends à ma chambre, où Jadina s'est probablement déjà installée. J'ai eu une journée épuisante, et je n'ai qu'une envie : prendre une douche et discuter avec ma femme.
Je franchis la porte, et l'aperçois, allongée sur le lit, une bouillotte sur le ventre. Je me précipite à côté d'elle.
''Ma chérie, qu'est-ce qui t'arrive ?, lui demandais-je, inquiet.
-...j'ai une annonce à te faire..., parvient-elle à articuler.
-Quoi ?! C'est ta mère ?! Elle veut te récupérer ??? Qu'elle essaie !
-Non... C'est, une, très belle chose !, finit-elle par dire, un sourire arrivant.
-Dis-moi !
-Je, je suis enceinte...''.
Je m'arrête net, mais la crois sur parole lorsque des larmes coulent sur ses joues, un rire les suivant.
''Oh mon Dieu mon cœur, c'est magique !!!
-Oui ! On y est parvenus... On a réussi !''.
Elle se jette dans mes bras, retrouvant tout à coup sa joie de vivre. C'est impossible !
''Tes résultats avec le professeur Vangelis étaient favorables ?
-Non justement ! C'est un miracle ! Vangelis pensait que ça serait un échec pour le restant de ma vie... Mais on a prouvé le contraire !
-Whaou... Je, je n'osais pas te demander comment ça s'était passé...
-Je comprends... Mais, tout va pour le mieux !''.
Nous nous enlaçons encore une fois, savourant notre victoire. Nous sommes parvenus à contrer la médecine !
Comme quoi, persévérez toujours, ça paiera un jour !
FIN